• Article réédité, certaines photos et le diapo avaient disparu.. 

     

    Suite de la journée du 28 mai 2008               

    Nous voici donc en partance pour notre première visite au Cambodge, depuis Siem Reap,  les environs d'Angkor où se situe notre hôtel..Nous allons visiter un lac immense, le Lac Tonlé Sap.
    (2.700 km2) en bateau à moteur, ..Le plus grand lac d'eau douce d'Asie du Sud Est. Très poissonneux.

    Le lac est situé en plein centre du Cambodge, avec une orientation nord-ouest sud-est. Le site historique d'Angkor se trouve tout près de son bord nord. L'émissaire (la rivière ) du même nom et de même orientation relie le lac au Mékong, le confluent étant à Phnom Penh.

     

     

    Pour accéder au lac, nous empruntons d'abord une route (plutôt une piste..) de sable avec des trous et des bosses qui la fait ressembler à un gigantesque terrain vague, bordé de baraquements, vieux pneus, bateaux retournés et épaves en tous genres ! Le bus tangue si dangereusement qu'on croit bien qu'on va se trouver plantés là, ou même carrément chavirer..Le chauffeur a vraiment du mérite de manier son véhicule pour arriver à lui faire parcourir les quelques kilomètres de cette immense fondrière dont nous ne voyons pas le bout ! Il est absolument interdit, et même impossible de se lever de son siège..et pas de quoi s'attacher non plus....faut s'agripper au siège de devant...D'autant que ça remue dans tous les sens.. on se croirait dans un panier à salade ! Des tonnes de poussière forment un nuage autour du bus...

    Des touristes femmes ont pris un autre moyen de locomotion pour arriver au lac, et ne sont pas déçues du voyage...Nous la poussière on la voit, mais on ne la respire pas... heureusement..

    Il a dû se passer quelque chose, car la police cambodgienne est sur les lieux...


     

    Notre guide nous explique que nous allons emprunter la rivière qui relie le lac au Mékong. Le long de la rivière vivent des pêcheurs, dans des maisons flottantes, et où il y a plusieurs villages, avec écoles, construites par des ONG, (très rudimentaires les écoles, mais tellement essentielles..)

          Les enfants se baignent dans cette eau marron, les animaux aussi, il en résulte pour nous une impression d'immense misère et de bidonville flottant.. Cela nous met très mal à l'aise ! La guide nous rappelle toutes les 5 minutes, "ne mettez pas vos mains au bord du bateau, vous risquez de vous les faire happer par une autre embarcation", car on se croise quelquefois de très près quelques centimètres..

     

    On longe les habitations flottantes, où l'on voit à l'intérieur, des gens assis sur le sol dans des conditions d'hygiène plus que précaires.. De vrais bidonvilles...cela nous choque beaucoup..


    Ici, les vietnamiens (majoritaires) qui se sont installés après avoir fui le communisme dans leur pays, ou pour d'autres raisons, sont très mal vus.. On les accuse d'avoir pratiqué une pêche maintenant interdite, avec des explosifs.. De toutes manières, ils sont considérés comme des SDF, sans papiers, et les deux nationalités ne s'aiment guère..

    On se dit qu'il vaudrait mieux ne pas tomber dans ce bouillon (de culture !) sarcastic


          Nous arrivons au lac.. Il est absolument immense !! on dirait une mer d'eau grise et boueuse.

    La superficie du lac pendant la saison sèche (février à mai), est d'environ 2 700 km2 pour une profondeur d'environ 1 mètre, elle se voit quasiment multipliée par six quand arrive la saison des pluies de la mousson concomitante à son début avec la fonte des neiges arrivant des hauts plateaux tibétains. On estime que la surface du lac peut alors atteindre 16 000 km2 et sa profondeur 9 mètres, noyant rizières et forêts. En volume, cela représente une multiplication par un facteur 70. C'est pour cette raison que les maisons sont sur pilotis aux abords du lac et de la rivière.

     

    A la fin de la saison des pluies, la rivière coule de nouveau vers le Mékong et certains poissons peuvent suivre ce courant, certains remontent ensuite le courant du fleuve, parfois jusqu'en Chine. Le lac et ses poissons permettant aussi le refuge d'une quinzaine d'espèces de grands oiseaux en voie d'extinction.

    Les eaux descendantes laissent de riches dépôts nutritifs de sédiment dans la région, ce qui en fait une terre propice à l'agriculture pour le reste de l'année.

    Les maisons flottantes sont pourvues de cordes, les hommes les tirent pour les déplacer au fil des saisons et des crues.. 

    Les maisons sur pilotis sont les plus nombreuses sur le lac et aux abords.. Elles sont construites en feuilles de palmier, et en bois, montées sur des tiges en bambou

    Et les maisons-bateaux sont habitées par les pêcheurs les plus pauvres.

    Près de trois millions de personnes (Khmers, Vietnamiens, Chinois et Chams) vivent sur le lac et dans ses plaines inondées, soit plus d'un quart de la population totale du Cambodge. Ils vivent essentiellement de la pêche, et des cultures maraîchères autour du lac.

    Ce sont les femmes qui sont chargées de traiter le poisson, le vider, l'étêter, l'ouvrir et le mettre à sécher au soleil..

    La surexploitation qui entraîne la diminution des ressources naturelles a déjà eu comme conséquence la diminution du niveau de la vie dans toute la région du lac Tonlé Sap.

     

    Au bout d'un temps qui nous semble interminable, on arrive près d'une baraque flottante..La guide nous indique que nous allons y débarquer pour boire des rafraîchissements, (?)ouch
            Dans cette espèce de hangar aux  planches disjointes, il faut absolument regarder où on met les pieds.
         C'est extrêmement dangereux, il y a des bouts de ferraille rouillée qui dépassent de partout ! Quelques tables et chaises en plastique, deux ou trois vitrines (réfrigérées ?..hum j'en doute..) poussièreuses, avec canettes de coca ou de bière (on préfère pas regarder les dates de péremption !) et quelques étals de colifichets et objets de fabrication artisanale..Bref, le piège à touristes complet..Le meilleur arrive dans les secondes qui suivent..Nous voici encerclés par des petits bateaux chargés de femmes et d'enfants qui viennent mendier..ils sont vraiment harcelants jusqu'à ce que plusieurs d'entre-nous explosent
    de ras-le-bol ! On se sent piégés,transformés en porte-monnaie sur pattes !

      

    Un gamin s'approche de nous avec un petit python à la main, et nous met son reptile sous le nez ! moi qui ne supporte pas d'en voir en réel de si près, je m'apprête à ruer dans les brancards !! déjà sur une barque, il s'était approché du rebord de notre bateau, en posant la tête de son reptile près de nous..ça avait regimbé de tous les côtés, et la guide avait chassé le môme, qui voulait des sous...Et là, il recommence..Devant le tolé, il bat en retraite..

    C'est mon mari qui a pris la photo..il n'a pas peur,

    ayant vécu en Afrique et mangé du serpent, !

    Quelques minutes pour voir entre des planches disjointes - pour ceux que ça intéresse, et ils ne sont pas nombreux, certains ne descendrons même pas du bateau, et moi je fais gaffe où je mets les pieds arf- quelques crocodiles au fond d'une fosse grillagée, qui évoluent dans une eau saumâtre au milieu de déchets divers et variés...l'odeur est très forte...

    La plupart des serpents vivent dans l'eau en permanence, n'allant à la surface du lac que pour respirer. Ils sont chassés  par les pêcheurs cambodgiens qui les attrapent à l'aide de filets dérivants. Ces serpents sont ensuite jetés en pâture aux crocodiles dans les fermes d'élevage. 

     

    photos du net..

    et on reprend le bateau..en tout et pour tout, on s'est arrêtés 15 minutes pour une halte sans intérêt, et qui a mis tout le monde de très mauvaise humeur..
          

    La population bordant le lac est parmi les communautés les plus pauvres du Cambodge, officiellement 38 % de cette population vit sous le seuil de pauvreté (1$US/jour), mais la réalité approche des 50 % et peut monter jusqu’à 80 % dans certains villages. Et le Cambodge fait partie des pays les plus pauvres du monde, mais grâce au tourisme, qui fait travailler hôtels, services, etc...ce pays est en pleine reconstruction après le terrible génocide qui a fait des milliers de morts, décimé des populations entières, transformé en esclaves des milliers de cambodgiens sous le régime communiste des Kmers Rouges de Pol Pot

     
             Bon, le lac valait le coup à voir, avec ses bateaux de pêche, les maisons flottantes sur la rivière étant une particularité de cet environnement, mais toute cette misère nous a laissé un arrière-goût très amer..Bien sûr, la balade en bateau sur ce lac (qui ne figurait d'ailleurs pas du tout dans le programme) nous a permis de constater que tout cela existe bel et bien malheureusement,

    Mais que le fait de nous  emmener dans ce hangar flottant, pour nous donner mauvaise conscience et nous inciter à mettre la main au porte-monnaie, n'était pas d'une grande finesse stratégique..Tout le contraire !! Nous n'étions pas en mission humanitaire, et si ces procédés se multiplient et se généralisent dans le tourisme organisé, ils ont tout faux les dirigeants d'agences de voyages, ainsi que les populations locales.. Nous solliciter en permanence en mettant les enfants en avant, nous insupporte...Nous préférons donner dans des écoles, orphelinats, des structures qui prennent les enfants en charge, médicales, ou aident à leur éducation.. Pas de cette manière.

    La guide se rend bien compte de notre malaise , et ne sait comment rattrapper ce coup malencontreux..

             Il ne faut pas tuer la poule aux oeufs d'or...Il faut bien comprendre, qu'il y a ceux qui partent sac au dos, en individuel afin de découvrir en profondeur la population locale et son mode d'existence, et qui partagent tout, y compris les risques, sécuritaires, sanitaires,  (souvent des gens jeunes et intrépides, ceux là n'ont généralement que peu d'argent, donc rien à donner hormis leurs bons sentiments et leur bonne volonté).
             Et il y a ceux comme nous, qui demandons à visiter un pays, dans les grandes lignes, avec des échanges culturels conviviaux et sans arrière pensée, le tout bien organisé dans un laps de temps limité, et dans de bonnes conditions. Le fait d'acheter des produits locaux, de payer des hôtels, des services, transports, de donner des pourboires, contribue à faire marcher l'économie de ces pays..Que les populations en profitent ou pas, malheureusement cela n'est pas de notre responsabilité, ni de notre pouvoir. On sait bien que généralement, les gouvernements se servent et ne laissent que des miettes aux populations, mais nous ne pouvons pas y faire grand chose. Le fait de rendre visite à ces populations des différents pays, permet aussi pour elles d'avoir une ouverture sur le monde et contribue à leur donner envie d'évoluer. Ensuite, c'est à elles de faire avancer le "schmilblik". On le voit dans d'autres pays d'Asie du Sud-Est, où ils ont compris comment faire évoluer leur pays, en se prenant en main et en s'inspirant des pays plus avancés (Thaïlande, Corée du Sud, Taïwan, et même la Chine) .

    A tort ou à raison, je n'ouvrirai pas de polémique là-dessus.
      
    Nous solliciter avec le sourire et quelque chose à vendre, c'est moins désagréable..
     
      On est pas des aventuriers, on a d'ailleurs passé l'âge ! Je dirais plutôt qu'on est des gens responsables et raisonnables. Mais pas des vieux c**** non plus, faut pas pousser hein ! ouchLa générosité peut s'exprimer autrement qu'en ayant toujours la main au porte-monnaie. Voilà,on ferme la parenthèse.

     Nous allons maintenant aller déjeûner, espérant que cela sera plus détendu..


         Le restaurant où le bus nous amène, après avoir retraversé ce terrain vague sur des kilomètres de tôle ondulée avec des ornières si profondes, qu'on se demande si on va pas casser un essieu, se situe dans les environs d'Angkor. Vous dire que je me souviens du menu, non. Je ne m'en souviens pas du tout, car nous avons mangé au pas de charge, il était fort tard, plus de 14 h, les plats se succédant à une vitesse vertigineuse sur la table. Le plus long et difficile fut le réglement des boissons, car nous n'avions pas de monnaie ni les uns ni les autres, et pas de riels non plus (on arrivait !) Le Riel est l'unité monétaire du pays..

     

    et si on payait en dollars, ils nous rendaient en riels..Une quantité impressionnante de billets dont on n'aurait pas l'utilisation, puisque tous les prix étaient affichés partout en dollars !..On a fini par obtenir qu'ils nous rendent en dollars.Lorsque nous sortons du restaurant, il est plus de 15h00.


          Après tout ce temps passé lors de cette visite (imposée par l'agence vietnamienne, on ne saura pas pourquoi, puisqu'il était prévu de visiter le temple Ta Prohm) nous allons enfin commencer la visite des temples..Beaucoup d'entre nous n'étaient venus au Cambodge rien que pour ça, et là ils fulminaient de n'avoir pu commencer plus tôt..Quand on sait que rien que le site d'Angkor Vat nécessite plusieurs jours pour en faire la découverte en profondeur....
                cela sera pour un prochain article, si vous le voulez bien..
                 Merci de vos visites et de vos commentaires..@ bientôt..

     

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