• Toujours le 5 mars 2014, après la balade sur le Pont de teck, le Pont U Bein nous partons vers la rivière pour prendre un bateau, afin de gagner l'Ile d'Ava (Innwa) , et aller au restaurant qui se trouve tout proche de débarcadère, sur le site de l'ancienne cité royale d'Ava qui fut aussi une des anciennes capitales 

    L'accès au bateau est assez ardu...une descente à pied dans la côte très raide, sur les cailloux et dans les ornières creusées par la mousson, et par endroits la terre est très boueuse et glissante, puis un chemin de lattes de bois qui pique vers le bateau.. sorte de débarcadère ou d'embarcadère au choix..

    Les enfants sur la grève s'amusent et nous font des signes, ils ont des choses à vendre..

    Nous devons attendre que les passagers de la traversée précédente évacuent le bateau, certains sont chargés, et l'un sort sa moto...

    La traversée dure très peu de temps environ 5 minutes...le moteur du bateau fait penser à celui d'un tracteur (c'est sans doute le cas)...Il fait un barouf pas possible, on ne s'entend pas parler ! smile Heureusement que c'est très court comme trajet, sinon, prévoir de mettre des boules Qiès, ou alors dès la sortie du bateau programmer une visite chez Audika !!yes 

    On arrive de l'autre côté, et c'est la même gymnastique, enjamber le bord, poser le pied de l'autre côté sur le petit ponton en bois, et grimper la côte via les pierres, bosses et les ornières...Bon, ça c'est fait... 

    Après quelques minutes de marche pendant lesquelles on est sollicités par des gamins vendant des colifichets, assez collants, on arrive en vue du restaurant 

    En plein air, sous les arbres

    Un repas très bon et copieux, comme toute la cuisine birmane que nous avons pu manger pendant notre circuit..

    Le repas terminé, il faut payer les boissons et le pourboire

    Les calèches sont là, prêtes à nous prendre en charge dès la sortie du restaurant. Tout comme c'est une "mafia" pour les sorties en barques sur le lac près du pont U Bein, (ou en Jordanie pour les calèches à Pétra) ici ce sont les caléchiers qui règnent en monopole ...les familles vivent de cette particularité folklorique et touristique, spécifique sur le site...J'ai pourtant vu des taxis et des véhicules individuels climatisés, transportant des touristes étrangers avec leur guide, accéder au site d'Ava...comme quoi.. Mais ce devait être des touristes privilégiés, arrivés par le ferry..

    Notre guide Thida, nous fait monter dans les calèches, sortes de brouettes en bois sur roues,  tirées par un cheval, et paie les caléchiers.. Puis elle monte dans la calèche de tête, près du conducteur..

    Celui qui était à l'avant, près du "cocher" avait un siège un peu mieux rembourré, et moins inconfortable...et pouvait se tenir aux montants...Mon époux monte devant.. pour les photos c'est plus pratique, quoique...avec les secousses, c'est presque impossible! arf

    Et moi je monte derrière,

    Dès la montée dans cette espèce de caisse aux dimensions réduites, où on a les reins qui frottent contre le bois, et le dos contre l'arceau métallique (pour ceux qui sont derrière) je sens que ça va pas le faire...moi qui ai eu des fractures vertébrales, je me méfiais du truc, mais je me disais que cela ne serait pas insurmontable...J'avais d'ailleurs mis ma ceinture lombaire...Ben, non, c'était un vrai cauchemar...arf

    Il ne faut pas croire que le chemin est plat, même s'il est goudronné pendant quelques mètres, il redevient ensuite de la terre, avec creux et bosses, montées et descentes...La visite doit durer presque 2 heures, aller et retour...

    Le chemin plein de trous, de bosses, me faisait sauter en l'air, et retomber sur le banc, à plusieurs moment j'ai cru que j'allais être catapultée dehors...Je n'ai pas le popotin, ni les bourrelets autour des reins assez capitonnés pour supporter tout ça...bon, ça suffit...au bout d'une demi-heure, au premier arrêt, je dis stop !! je descends..frown

     Notre guide se trouve très vite avertie, et vient voir pourquoi je suis descendue...Elle comprend, sachant mes problèmes, et me trouve un autre moyen de transport moins traumatisant pour mes vertèbres, et négocie avec un des nombreux villageois qui me prend en charge sur sa moto..Il doit me ramener près du village à l'entrée du site...à 3 kilomètres de là..

    Mais ce que les autres membres du groupe (les deux autres couples, et la célibataire) avaient remarqué, et pas moi, je ne le voyais pas de face, c'est que mon motard louchait !! Comme le tirailleur dans "La Grande Vadrouille) yes  Ils étaient morts de rire !! wink2

    Nous voilà partis, lui devant, et moi derrière...

    Nous faisons quelques centaines de mètres, dans les côtes et les descentes, évitant les ornières (ça relève de l'exploit !) et à la sortie d'un raidillon, où la terre était boueuse,  lorsqu'il a accéléré un peu fort, la moto a chassé de l'arrière sur le sable et les cailloux, et on s'est retrouvés par terre ! ...la moto couchée, et nous dessous...

    Lui sur moi, la moto par-dessus...J'avais la jambe droite coincée dessous et mon bras droit avait tapé par terre, mon épaule aussi.. J'avais peur de m'être cassé quelque chose... Des villageois sont venus aider à relever la moto, pour qu'on puisse se dégager...Heureusement, plus de peur que de mal...rien de cassé... Je me retrouve couverte de poussière...Une fois relevée, je ne voulais pas recommencer la folle équipée avec mon motard loucheur...^^

    Non, merci, trouvez moi une voiture, ou un taxi...Mon motard sort son portable..(ils en ont presque tous) J'attends un petit peu, voyant que malgré ses coups de fil rien ne vient, je commence à marcher sur le chemin, avec le soleil qui tape dur, il fait 35° à l'ombre... Sauf que la route, je ne la connaissais pas vraiment, j'avais beau demander le nom du restaurant, personne ne me répondait...D'autant qu'on avait fait des tours et des détours avec la calèche...

     

    Une jolie jeune fille birmane, le chapeau sur la tête, et un panier au bras, me tient compagnie pendant environ 500 m, et essaie de me comprendre en anglais...mais elle ne comprend pas...Elle me sourit...Bon, pendant ce temps, mon motard nous suit..Il a peur de l'enguelade de notre guide qui va lui demander des comptes...

    Le temps de ma marche, je vois des paysans occupés dans leurs champs,

    des maisons sur pilotis, la vie des gens dans ces campagnes...

    Le fleuve est tout proche, on voit le pont un peu plus loin 

    J'entends bientôt le bruit d'un moteur de tracteur (un vrai barouf !!) et je vois arriver un engin, pétaradant, et crachant une épaisse fumée noire, genre camion-tracteur, avec le moteur apparent sans capot, la cabine surélevée et une benne pleine de gravats derrière..Il y a une cheminée sur le côté pour évacuer les gaz d'échappement... Et le chauffeur est très jeune, pas plus de 20 ans sans doute, et très beau...

    Il s'arrête, et ouvre la portière...le motard m'explique (je comprends vaguement) que son copain qu'il a appelé va m'amener à l'entrée du site, près du débarcadère et du restaurant..Pour monter dans l'engin, il faut qu'ils me soulèvent à deux, car c'est haut, et j'arrive sur le siège passager (confortable et rembourré) de cette cabine qui est un vrai dépotoir...bidons plastique, bouteilles, canettes...un arsenal de bidules et de trucs, je ne sais pas où mettre mes pieds, ni mes mains.. Il y a une poignée au-dessus de la portière, je vais m'y accrocher pendant tout le temps où je vais être là-dedans.. Il y a une suspension dans son camion et cela atténue les creux et les bosses, mais on est quand même très secoués...Il me faut souvent me tenir en m'appuyant sur le tableau de bord...Je lui explique à nouveau en anglais (en essayant de couvrir le bruit assourdissant du moteur) qu'il doit m'amener au restaurant, près des bateaux...Il me fait signe oui oui, avec la tête...l'autre a dû lui expliquer...(enfin j'espère qu'il a compris hein..pas sûr ! sarcastic)

    Ces camion-tracteurs sont très nombreux en Birmanie, ils roulent tous avec le moteur apparent, sans capot..enfin, les anciens, parce que je pense que les plus récents sont sans doute différents..

    Nous voilà partis dans un barouf pas possible...le motard nous suit...

    Mais le chemin qu'il prend ne me rassure pas vraiment...nous entrons dans des zones de cultures, suivant des chemins qui s'écartent des pagodes...nous voilà en pleine campagne... Il s'arrête pour prendre des pierres qu'il envoie dans la benne...A chaque arrêt, je lui redemande en anglais...we go to restaurant Small River ? boats, river ? You understand  wat I say ?  you know ? Oui, il sait, il a compris... Nous traversons des champs ...A un moment, il fait une manoeuvre, et on pique carrément vers le bord du fleuve...j'ai la trouille qu'on parte dans l'eau avec le bahut...Je comprend qu'il doit décharger ses gravats sur la grève, il s'arrête très près du bord en marche arrière, tire un levier qui lève la benne et vide ses gravats dans un fracas énorme... Il refait des manœuvres,

    On repart, en direction des terres, traversons des hameaux, longeons des champs de choux et de thé, voyons des attelages avec des bœufs sur des chemins , 

    Et sur la piste, évitons des chiens errants, pour enfin retrouver la piste principale, et dans quelques minutes, voir les arbres et l'entrée du restaurant... OUF !! je suis arrivée, je suis entière, et j'ai vu du pays !!smile Je veux payer ce jeune homme très gentil, mais il refuse en me faisant le salut birman, mains jointes devant le visage, avec un grand sourire...Pour descendre de l'engin, il me prend sous les aisselles avec l'aide du motard suiveur, et ils me posent au sol sur le plancher des vaches...

    OUF !

    Je m'installe à l'ombre sous les arbres, et je me repose en sirotant un coca frais, en attendant les autres...mon bras me fait un peu mal, mon épaule aussi, mais rien de bien méchant... avec un doliprane, ça devrait le faire. Mais je suis explosée de fatigue, avec l'anxiété ajoutée pendant le trajet en camion, où j'ai dû me cramponner là-dedans aussi...

     

    Le reste du groupe arrive un bon moment plus tard...Ils ont mal partout !! De plus, une des calèches a une roue qui menace de se détacher, elle est complètement de travers...

     

    et je vois la guide piquer une colère, une vraie...pas à cause de moi, car elle me voit assise tranquille sous les arbres, mais après un couple de caléchiers, qui a missionné son gamin de 12 ans pour conduire une des calèches...! c'est interdit par la loi dans ce pays, et elle menace le couple de plainte auprès des autorités et aussi de sanctions par son agence de voyages (ils vivent principalement du tourisme) ..le ton monte en birman...il y a du monde pour assister aux échanges...La guide est d'autant plus en colère, que la calèche qui a la roue qui menace de s'écrouler, c'est justement celle conduite par le gamin, transportant un de nos couples ! L'entretien du matériel est donc mal assuré..

    Je m'approche et rembourse à notre guide, ce qu'elle a payé au motard pour me transporter..(2000 kyats) je ne lui parle pas de l'incident, c'est pas le moment !! oops je lui dirai plus tard, lorsqu'elle sera calmée.. 

    Nous repartons vers l'embarcadère, et redescendons à nouveau le raidillon, entre pierres et cailloux, avant d'arriver au chemin de lattes de bois..et attendons le prochain bac qui arrive bientôt...

    En sortant du bateau, re-grimpette, nous retrouvons notre minibus, et repartons vers notre hôtel, nous avons plus d'une heure de trajet dans les embouteillages de Mandalay...Nous ressortirons ensuite pour le dîner.. Ce sera dans le prochain article avec la visite d'Ava et des temples...@ bientôt, je vous laisse regarder les photos.. 

     

     
     
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